CHAPITRE 3 : DEUXIEME PERIODE

1903 A 1954 – EPOQUE DES FRERES MARISTES

          Depuis le 15 avril 1903, les Frères Maristes tiennent les rênes de l’institut Saint-Jacques que, plus familièrement, les Brainois prendront l’habitude d’appeler « école des Frères ». Qui sont ces Frères à qui notre école paroissiale fut confiée ?
          A l’époque de la bataille de Waterloo, au séminaire de Lyon, un jeune homme : Marcelin CHAMPAGNAT médite sur les moyens de rechristianiser la jeunesse. Ordonné prêtre en 1816, il est nommé vicaire à La Valla (Loire), petite paroisse de 2000 âmes. Le 2 janvier 1817, avec deux disciples peu lettrés (un ancien grenadier de la garde impériale de 24 ans et un adolescent de 14 ans) il met son projet à exécution. Cinq ans plus tard, en 1822, dans le diocèse de Lyon, 6 instituts de Frères enseignants sont déjà en formation. L’ordre prend le nom de Frères Maristes pour leur dévotion à la Vierge.

          Le fondateur initie ses Frères à la pédagogie, bouleverse les méthodes de l’époque en introduisant une nouvelle conception de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture et en utilisant les premières techniques d’émulation. Rapidement, ces nouveaux religieux se répandent en France ; on les réclame de partout et les municipalités leur font confiance.

1903 : Emile COMBES, Président du Conseil Français de 1902 à 1905, champion d’une politique anticléricale à outrance, décrète la dissolution de toutes les congrégations religieuses d’enseignants autorisées depuis la restauration. 400 écoles des Frères Maristes ferment leur porte en France et les Frères s’exilent.  Mais cet exil donna à l’institution un essor remarquable. Ainsi, en 1967,  les Maristes exerçaient leur apostolat dans 62 pays.
1955 : béatification du fondateur
1967 : du 12 au 15 août, se déroulèrent à Bruxelles les festivités du Congrès de l’Union Mondiale des Anciens Eleves des Maristes, et le 15 août, à Banneux, se déroula une cérémonie pour marquer le 150° anniversaire de la fondation de la congrégation.         

          Pour prendre en charge les 130 élèves répartis en 3 classes, les quatre premiers frères nommés pour débuter sont : Frère Faust-Joseph (directeur) Frère Casimir, Frère Marius et Frère Mathurus pour le temporel.
          Dès 1905, une 4° classe est ouverte. Pendant 10 ans, la réputation de l’école va s’affirmer et depuis 1915, des classes supplémentaires seront ouvertes régulièrement, et même, de 1918 à 1920, 3 classes d’école moyenne, abandonnées plus tard.

          1914-1918 : époque difficile à traverser que ces années de guerre. L’école est fermée sur ordre de l’occupant. Les classes fonctionnent dans des locaux de fortune en ville où les Frères logent et donnent des leçons particulières. Fin 1919, l’école est occupée peu de temps par les Anglais avant de retrouver une occupation scolaire normale.

1916 : Arrivée à l’institut du plus célèbre des Frères Maristes : LE FRERE LEON
           Nommé directeur, il le restera jusqu’en 1922

 FRERE LEON  DIRECTEUR   DE ST-JACQUES 

PREMIER DOCTEUR EN PEDAGOGIE DE BELGIQUE 

          Si 1922 voit le départ du Frère Léon de l’institut, le suivre dans sa carrière nous révèle qu’avec lui, l’école n’était pas dans les mains de n’importe qui. Nommé professeur au second noviciat des Frères Maristes, tout en enseignant, il suit les cours de pédagogie supérieure et décroche le titre de licencié en sciences pédagogiques le 16 octobre 1928. Durant un séjour en Angleterre, il prépare une thèse axée sur les principes de la pédagogie de l’américain John DEWEY.
          De retour en Belgique, il souhaite défendre sa thèse dans une université belge, mais aucune d’entre elles ne possède, à cette époque, la section « sciences pédagogiques » si ce n’est celle de Gand. Il traduit donc sa thèse en néerlandais et la défend à l’université de Gand qui lui décerne le titre de « docteur en pédagogie » , le premier titre de ce genre décerné en Belgique. Nous étions en 1932. 

          Il poursuivra sa carrière à enseigner la pédagogie à l’école normale d’Arlon dont il deviendra Directeur, mais surtout à écrire.
          Le plus célèbre de ses ouvrages, destiné aux enseignants,en 1935, est sans nul doute :
« Hors des sentiers battus » 

          Mais citons encore : « Aux parents, essai de pédagogie familiale » (1945)
                                         « Pour connaître et tremper les caractères » (1947) 

          Né à Eeghem, près de Tielt le 12 mai 1890, Jules Lust, étudiant chez les Frères Maristes avant de s’engager dans cette congrégation sous le nom de Frère Léon, s’imposa énergiquement en ardent défenseur des nouvelles méthodes d’enseignement dites « actives ». Dès lors, il n’étonnera personne qu’il fut désigné, entre autres, membre de la commission pour la réforme de l’enseignement, professeur à l’école supérieure de pédagogie de Bruxelles, et membre du directoire pédagogique de la FIC (Fédération des instituteurs chrétiens). 

Lorsqu’il mourut accidentellement à Bruxelles le 24 septembre 1947, c’était un grand pédagogue belge d’avant-garde qui s’en allait, figure de proue de la pédagogie moderne que l’institut Saint-Jacques peut être fier d’avoir eu pour guide à la direction de l’école.
 

 

            Lettre adressée par Frère Léon à l’université de Gand pour demander de pouvoir y défendre sa thèse relative à John Dewey
 

 

 

                                                        en haut : en 1912 ou 1913                       en bas : en 1915 ou 1916

 

 

                                                                                     L’institut Saint-Jacques en 1925 

                                                    Frère François de Paule, successeur de Frère Léon 

          Le successeur de Frère Léon à la tête de l’institut fut un directeur non moins apprécié tant de son personnel que du comité scolaire.  Eminent pédagogue, la suite de sa carrière après son départ de l’institut sera à la mesure de sa compétence puisqu’il deviendra Frère Provincial de sa congrégation.
           Directeur de l’institut Saint-Jacques de 1923 à 1930, des étapes importantes vont jalonner son directorat. 

          L’année 1924 voit l’ouverture du collège Cardinal Mercier.  Beaucoup ignorent qu’au début de l’existence du collège, quelques classes furent tenues par des Frères Maristes de Saint-Jacques.  Ainsi, le Frère Eugène-Marie et le Frère Paul-Cyprien enseignèrent respectivement en 6° professionnelle et en 7° préparatoire qui d’ailleurs fonctionnaient provisoirement à l’institut. Le Frère Directeur y assurait essentiellement le cours de mathématiques.  En 1925, deux frères furent affectés à l’école primaire du collège pour l’année scolaire 1925-1926.

          L’école des Frères jouit à présent d’une réputation des plus sérieuses à Braine-l’Alleud, à un point tel que les Frères se voient dans l’obligation de se faire seconder par des instituteurs laïcs. 

          Outre le nom de Messieurs NORTIN, TURBANG, LEMAITRE, MOREAU, KALMUS, VINT qui ne firent que passer à l’institut et celui de Monsieur RIJGAERTS qui enseigna à l’école jusqu’à la seconde guerre mondiale dans des conditions parfois pénibles puisqu’il était un gazé de la guerre 14-18, nous retiendrons surtout le nom des quatre professeurs laïcs anciens élèves de l’école.

          Le premier ancien élève enseignant, engagé en 1926, fut Monsieur Eugène Joly,fils de Monsieur Jules Joly, rappelé à nos mémoires ci-dessus, dans la 1° période de l’histoire de l’école.

          En août 1927, Monsieur Robert Letroye était engagé à l’institut, suivi en 1930 par Monsieur Wautier, et en 1932 par Monsieur Piret.  Le 2 novembre 1926, arriva à l’école Monsieur Lamberty qui n’était pas un ancien élève de l’école, mais qui, avec Messieurs JOLY, LETROYE et WAUTIER, allait consacrer toute sa carrière à l’Institut Saint-Jacques. Monsieur Piret quittera l’institut pour le collège en 1959.

          A l’époque de Frère François de Paule se constitua donc une équipe d’enseignants laïcs enthousiastes qui, exerçant chacun sa profession selon sa personnalité, son tempérament et ses talents spécifiques, allait porter l’institut Saint-Jacques au sommet de son prestige
 

                                                                        Frère François de Paule – directeur de 1923 à 1931
 

                                                                                          Année 1935 – 1936
                                                Assis : Monsieur RIJGAERTS – Frère Célestin – FrèreMarie-Gervin – Monsieur JOLY
                                                         Debout : Messieurs LETROYE – PIRET – LAMBERTY - WAUTIER
 

                                                                           En haut : 5°année 1924 avec Monsieur Rijgaerts

                                                                                En bas : année 1926 avec Frère Louis

                                                      En haut : Monsieur Eugène Joly, fils de Monsieur Jules Joly, et ses premiers élèves en 1926
                                                                           En bas : vue des élèves et du bâtiment le 8 juillet 1928
 

                    

                                                                       En haut : classe de 4° année 1930 /1931 avec Monsieur KALMUS

 

 

                                                              En haut : classe de l’année 1950-1951 avec Frère Joseph-Hildebrandt
                                                                  En bas : classe de l’année 1951-1952 avec MonsieurLamberty

                                                                En haut : classe de l’année 1953-1954 avec Monsieur Eugène Joly
                                                                        En bas : la même année avec Monsieur Lamberty